Le cancer épidermoïde du canal anal est un cancer rare, mais en nette augmentation ces dernières années. Il représente environ 2 % des cancers digestifs. Ce type de cancer est fortement associé à une infection persistante par certains types de papillomavirus humains (HPV), notamment les HPV 16 et 18, déjà connus pour leur rôle dans les cancers du col de l’utérus.
Ce cancer se développe à partir des cellules du revêtement du canal anal et peut rester longtemps silencieux. Les symptômes apparaissent souvent tardivement : saignements anaux, douleurs, démangeaisons, ou encore sensation de masse. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’anuscopie et une biopsie si nécessaire.
Quels sont les facteurs de risque à connaître ?
Plusieurs groupes de population sont particulièrement à risque de développer un cancer épidermoïde du canal anal :
- Les personnes vivant avec le VIH, en raison de l’immunodépression chronique.
- Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.
- Les patients ayant des antécédents de lésions HPV sur le col de l’utérus, la vulve ou le pénis.
- Les patients immunodéprimés, notamment greffés.
Le tabagisme et la multiplicité des partenaires sexuels sont également des facteurs de risque identifiés.
Dépistage : une stratégie à mettre en place
Le dépistage du cancer du canal anal n’est pas encore systématisé, mais il est recommandé dans les populations à risque. Un frottis anal, équivalent du frottis cervical, permet de détecter les anomalies précancéreuses. En cas de lésions suspectes, une anuscopie haute résolution peut être réalisée pour biopsier les zones concernées.
Dans notre centre de chirurgie digestive et proctologique à l’île de la Réunion, nous portons une attention particulière à la prévention et au dépistage des patients à risque.
La vaccination contre le HPV : un outil de prévention majeur
La vaccination contre le HPV est aujourd’hui un levier essentiel pour réduire l’incidence des cancers HPV-induits, y compris celui du canal anal. Elle est recommandée pour :
- Les filles et les garçons entre 11 et 14 ans.
- Les personnes jusqu’à 26 ans non vaccinées ou insuffisamment vaccinées.
- Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, jusqu’à 26 ans.
Cette vaccination est sûre, efficace, et permet une protection durable contre les souches oncogènes du virus.
En résumé : une prévention active pour un diagnostic précoce
Le cancer épidermoïde du canal anal, bien que rare, nécessite une vigilance particulière chez les populations à risque. Dépistage ciblé et vaccination sont les piliers de la prévention.
Au Centre de chirurgie digestive et de proctologie de l’île de la Réunion, les Drs Bekkar et Gadsaud-Dauvin sont pleinement engagés dans une démarche proactive de prévention et d’information auprès des patients.