La fissure anale est une pathologie fréquente et souvent bénigne… lorsqu’elle est aiguë. Cependant, dans certains cas, elle devient chronique et s’installe durablement, malgré les traitements de première intention. Au Centre de chirurgie digestive et de proctologie à l’île de la Réunion, les Drs Bekkar, Gadsaud-Dauvin et Roy proposent une prise en charge spécialisée pour comprendre et soigner efficacement ces fissures récalcitrantes.
Qu’est-ce qu’une fissure anale chronique ?
Une fissure anale est une petite déchirure de la muqueuse du canal anal, le plus souvent située en position postérieure. Dans la majorité des cas, elle survient à la suite d’un effort de poussée (constipation, selles dures), provoquant une douleur vive lors des selles, parfois associée à un saignement.
On parle de fissure chronique lorsque la lésion persiste au-delà de six semaines. À ce stade, la fissure s’accompagne souvent d’un hypertrophie de la papille anale, d’une marisque sentinelle (petite excroissance de peau), et d’une fibrose locale.
Pourquoi certaines fissures ne guérissent-elles pas ?
Une hypertonie du sphincter anal
La principale cause de non-cicatrisation est une contraction excessive du sphincter interne, qui réduit le flux sanguin vers la zone lésée. Ce manque de vascularisation empêche la régénération des tissus. Il s’agit d’un cercle vicieux : la douleur entraîne une contraction réflexe du sphincter, qui elle-même aggrave la fissure.
Une mauvaise prise en charge initiale
Dans certains cas, la fissure est confondue avec d’autres pathologies (comme les hémorroïdes), retardant le bon traitement. L’utilisation prolongée de topiques irritants, l’absence de régulation du transit ou des erreurs d’hygiène locale peuvent également freiner la guérison.
Une pathologie sous-jacente
Des pathologies inflammatoires comme la maladie de Crohn, une infection locale, ou des troubles du transit chroniques (constipation sévère ou diarrhée persistante) peuvent favoriser l’évolution vers la chronicité. Il est essentiel d’éliminer ces causes avant toute stratégie thérapeutique.
Quels sont les traitements proposés en cas de fissure anale chronique ?
Le traitement médical
Le premier objectif est de diminuer la pression sphinctérienne pour restaurer un bon apport sanguin. Les traitements incluent :
- Les topiques à base de dérivés nitrés ou de diltiazem, qui relâchent le sphincter.
- Des laxatifs doux pour normaliser le transit.
- Des soins locaux pour soulager la douleur et éviter les irritations.
Ce traitement médical est souvent efficace dans les premiers mois. Cependant, en cas d’échec après 6 à 8 semaines, une prise en charge chirurgicale peut être envisagée.
Le traitement chirurgical : la fissurectomie
Au Centre de chirurgie digestive et de proctologie, les Drs Bekkar et Gadsaud-Dauvin réalisent une fissurectomie : une chirurgie mini-invasive qui consiste à retirer la fissure et les tissus fibreux qui empêchent sa cicatrisation. Elle est parfois associée à une injection de toxine botulique, qui permet un relâchement temporaire du sphincter, facilitant la guérison.
Contrairement à la sphinctérotomie latérale (qui consiste à sectionner une partie du sphincter), la fissurectomie permet de préserver la continence tout en favorisant une cicatrisation complète.
Comment prévenir une rechute après traitement ?
Une fois la fissure guérie, il est essentiel d’adopter de bonnes habitudes de prévention :
- Boire suffisamment d’eau.
- Adopter une alimentation riche en fibres.
- Éviter de forcer pendant les selles.
- Maintenir une hygiène locale douce, sans produits irritants.
- Surélever les jambes sur un marchepied pendant la défécation, pour faciliter l’évacuation.
Votre consultation au centre
La fissure anale chronique est une pathologie douloureuse qui ne doit pas être négligée. Lorsqu’elle ne guérit pas spontanément, il est important de consulter un spécialiste pour éviter les complications et retrouver un confort de vie.
Au Centre de chirurgie digestive et de proctologie à l’île de la Réunion, les Drs Bekkar, Gadsaud-Dauvin et Roy assurent une prise en charge personnalisée, basée sur les dernières recommandations en proctologie.